De Amicitia



Hello,


Aujourd'hui, j'ai décidé de vous partager un petit texte que j'avais rédigé dans le cadre de mes études de lettres concernant une analyse du traité De Amicitia de Cicéron. J'ai trouvé ce que j'ai écrit encore très vrai pour moi à l'heure actuelle, et je me suis dit que ça pourrait être sympa de vous en faire part. Ça rentre bien dans le cadre des textes que je peux écrire sur ce blog, qui questionnent des sujets tels que l'amour, l'amitié, bref des sujets de tous les jours. 


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« L'amitié, elle, procure d'innombrables avantages ! Où que l'on soit, elle est là, toujours présente, jamais pesante. Le feu et l'eau, comme on dit, ne nous sont pas aussi utiles que l'amitié. Et là, je ne parle pas d'amitié ordinaire, commune, qui a pourtant ses agréments et ses avantages, je parle de l'amitié véritable, totale, qu'un nombre infime de gens a vécue. Elle rend le bonheur plus éclatant et plus léger le malheur parce qu'elle permet d'en partager le poids/
Ainsi, l'amitié avec ses avantages nombreux et considérables, prévaut sur tout le reste. Elle nourrit une foi en l'avenir qui empêche les âmes de fléchir ou de succomber. Quiconque regarde un ami véritable voit un autre soi-même, mais idéal. Grâce à l'amitié, les absents sont là les pauvres deviennent riches, les faibles ont des forces et -plus difficile à imaginer- les morts vivent toujours tant ils inspirent à leurs amis regrets et vénération. Ainsi, les morts semblent heureux dans la mort et les vivants dignes d'éloge ».
Cicéron, De Amicitia


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   Un jour, il peut nous arriver de percuter quelqu'un, comme dans les films, mais aussi qu'une personne nous touche tout simplement par sa personnalité. Tout survient toujours lorsque la situation ne s'y prête pas, ou dès lors qu'on ne s'y attend pas. Une main tendue dans un moment sombre, un cadeau du destin qui vous sort la tête de l'eau. C'est dans les heures les plus noires que l'Autre peut représenter un sauveur pour ce que nous sommes. Il s'agit parfois d'un mécanisme inconscient, l'échange d'un individu à un autre, lorsqu'il provient du cœur, de gens de bien comme les appellerait Cicéron, est toujours désintéressé. J'appuie l'entreprise selon laquelle l'amitié n'est pas un commerce, au sens que nous lui attribuons aujourd'hui. Il ne s'agit pas de donner pour recevoir en échange un quelconque avantage. Si l'un donne afin que l'autre lui offre quoi que ce soit, ce n'est pas un échange du cœur mais un échange vil. La personne dont le sens moral est développé, sans être un modèle de vertu parfait -cette notion même restant abstraite, rappelons-le-, dont les qualités de cœur le sont tout autant, a tout avantage à trouver un autre lui qui le comblera. L'amitié est un dialogue perpétuel entre le cœur et l'esprit, deux bouches et deux âmes qui conversent. Le jour où le dialogue se rompt, c'est la fin. Cela marque le moment de rupture dans la période de bonheur qui fut la votre. Chaque chose, si elle est périssable -thèse soutenue par la caste philosophique, destinée à mourir, destinée à se déliter, apporte toujours à votre être. Parfois elle vous bonifie, parfois elle se charge seulement de vous modifier. Il est des événements qui changent fondamentalement votre manière d'être, tant le choc de la rencontre fut fort, tant les échanges entretenus furent vifs. 
Outre son caractère de sauveur, l'ami est également la personne qui nous accompagne dans nos rires comme dans nos peines. Si la personne n'est susceptible d'être à nos côtés que lors de nos moments de joie, cela s'avère significatif. La conclusion qui en résulte est bien simple : ce n'est pas votre ami. L'amitié est essentielle à toute « vie vivable » comme disait Ennius. Qui n'a pas vécu entouré de ce type d'affection a manqué une existence d'amour et de joie. Est-il même probable de mener à bien sa vie sans jamais être confronté à l'amitié ? Cicéron soutient, grâce au personnage de Lélius, que l'amitié est naturelle, et qu'ainsi il est impossible de ne pas la côtoyer, ni même la vivre entièrement. Cependant, il distingue deux types d'amitié, la vraie, la pure, qui suscite un dévouement extrême des deux partis, puis l'amitié superficielle, qui constitue un échange mais qui manque cruellement de passion. La seconde peut s'avérer pesante puisqu'on finit par la subir et non l'accueillir avec bonheur. On entretient cette fois-ci un réel commerce, par habitude et non par envie, puisque l'on croit ne pas pouvoir se passer de la personne lorsqu'elle a partagé un bout de notre existence. 
L'amitié possède une beauté sans égal là où elle est naturelle. Qui n'a pas déjà envié des amitiés célèbres qui suintaient la bonne humeur, l'amour et le dévouement, à l'instar de celle de La Boétie et de Montaigne ? Car l'essence même d'une bonne amitié est l'amour, et entre sentiments pour l'âme sœur et sentiments pour l'ami il n'y a qu'un pas. L'ami est le seul que l'on peut garder toute une vie, alors que l'amour est le seul qu'on sait que notre cœur ne pourra pas garder à terme. C'est cette raison même qui nous fait parfois préférer l'amitié à l'amour, par peur de perdre cette personne que l'on chérit tant. 

Je vous laisse sur des photos particulières qui comptent pour moi, à la personne qui me supporte depuis longtemps (sept ans c'est beaucoup) et ne me trahira jamais. 

2015, Nice.

2015, Nice.

2015, Nice.



2015
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2019
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 Take care of your closest friends and feel free to stop everything at anytime with people who are not made for you,
Marion

Le CRPE m'a tuer


Ça c'est moi en maternelle,
c'était cool la sieste au final.
                                               Salut très cher,

Comme à l'accoutumée, je ne préciserai pas que je reviens avec une pause plus que conséquente sur cette plateforme. N'étant ni mon travail, ni une source de revenus quelconque, je me voyais mal me forcer à quoi que ce soit. Je n'ai pas pour autant oublié ce blog que je chéris et je crois ne fermerai jamais, sauf sous la contrainte. Il rassemble mes souvenirs, les étapes les plus compliquées de ma vie. J'écris car cela me sert d'exutoire. C'est sûr, de ce fait ce n'est pas tout rose et parfois encore moins empreint de joie et de mots doux qui resserrent le cœur. 
Je n'écrivais pas parce que je n'en ressentais pas le besoin, bien que j'ai déjà pensé moult fois à plein de sujets qui m'ont touchées ces derniers temps. A vrai dire, je pourrais écrire sur énormément de thèmes là tout de suite tellement j'ai de choses à partager. Prenez un gros goûter, ça s'annonce très long.

Je mentionnerais simplement comment je me sens, ce qui donnera le ton de ce post. 


La situation est compliquée. On nous fait beaucoup croire que nos études sont un bagage qui ouvrent une voie toute tracée vers un métier au bout du tunnel. Je me rends néanmoins compte que la vérité est surtout teintée de mensonge et que la réalité devient bel et bien très amère. Ayant opté pour une voie très professionnalisante, je m'étais dit que la voie était toute tracée. Lors de ma première année de master en tant qu'étudiante en éducation du premier degré, j'ai - un peu - travaillé pour passer le CRPE, ou Concours de Recrutement de Professeurs des Ecoles, à Montpellier. Le résultat en Mai, suite aux écrits d'Avril, ne fut pas concluant puisque je n'ai pas obtenu la moyenne aux écrits notamment à cause des maths avec lesquelles j'ai toujours entretenu une relation conflictuelle. J'ai choisi de me diriger vers une filière littéraire au lycée puis à la fac, qui m'a permis d'obtenir ma licence de Lettres Modernes. Bref, vous l'aurez compris, les équations et tout le reste étaient en réalité très loin de moi. 
A la fac d'éducation, on nous apprend à nous remettre au niveau correspondant aux attentes du concours. J'ai même abordé des notions que je ne pensais même pas exister très clairement. Il y a donc le savoir à appliquer pour développer notre esprit critique, montrer que l'on sait être logique et également que l'on sait nous aussi être des "élèves" qui savent appliquer les enseignements que l'on a acquis. Ensuite, ce concours nous demande également des exigences propres à notre domaine, soit des savoirs didactiques, le nerf de la guerre si je puis dire. Très honnêtement, c'est extrêmement intéressant car cela permet d'appréhender la réflexion des élèves et de pouvoir proposer des solutions pour pallier à leurs difficultés. 
Tout ça pour vous dire, au final, que j'ai passé cette épreuve de quatre heures et celle de français tout aussi longue, et j'ai échoué en première année. Ma déception était là, surtout pour une question d'égo je pense. Mais je savais que ce n'était pas mon année, qu'il me restait encore un an d'études. Je ne me faisais pas trop de soucis en me disant que j'aurais le temps de me perfectionner et de pouvoir avoir à nouveau ma chance, qui sait passer et réussir les oraux !

La seconde année arrive avec son lot de stress, de décisions et d'autres événements. Je me décide à rédiger un mémoire qui, contrairement à ce que j'aurais espéré, ne me passionne pas. Je le rédige tant bien que mal pour m'en débarrasser avant tout. Je m'améliore en maths, mes notes augmentent, je commence à entrevoir mes chances de succès aux écrits. Et surtout, je commence à acquérir cette fameuse logique que je pensais impalpable pour moi. Étonnant, mais il faut croire que tout arrive.
L'échéance se rapproche, je mène de front le mémoire, ces histoires de concours, mes problèmes persos, des relations pas toujours très saines (ça c'est un autre sujet).


Sous l'impulsion de plusieurs personnes de mon entourage et amis, je me décide à passer le concours de Lyon qui me laisse plus de chances. J'en ai conclu que vouloir rester à Montpellier était impossible, à moins de vouloir me pousser jusqu'à l'excellence puisque le seuil est très élevé à cause du faible nombre de postes et de l'effectif des inscrits. Je me rends à Lyon avec mon groupe d'amies, la veille j'ai peu envie de penser à ce que je viens faire là-bas, je préfère me balader jusqu'au matin avant le concours. Les écrits se déroulent sur deux jours, je me rappellerai toujours ces hangars dans lesquels on passe nos tests. Tout est déshumanisé parce que les candidats affluent de toute la France pour espérer avoir une petite chance de devenir le fonctionnaire de l'année. On est tous parqués par îlots en fonction de notre nom de famille. L'ambiance de stress, le silence dans Eurexpo alors qu'on est 2000 en train de prier pour avoir nos écrits. On donne tout, on gratte, on gratte, on écrit tout ce qu'on sait pour espérer gagner les moindres petits points qui seront salvateurs pour nous. Ma prof de maths nous disait de beaucoup rédiger, d'écrire tout ce qu'on savait, que 0.25 c'était 0.25. C'est un peu comme une préparation à la compétition, à un grand match attendu une fois par an qui va être déterminant. A ce moment-là, tu pries pour avoir bien dormi, ne pas avoir faim, être assez concentré pour ne rien oublier de l'énoncé, ce qui pourrait planter ton année, ta vie, ton avenir.
Moi je suis dans ma bulle, je gratte, j'ai toutes les couleurs possibles et inimaginables pour faire des schémas, surligner, trouver le moindre mot qui pourrait m'aider à me distinguer. Après deux jours d'épreuves, je souffle et je me dis "c'est fini, deux ans pour ça".

En Mai, les résultats sont annoncés sur internet. En gros, t'as une liste par académie avec tout un tas de noms d'admissibles, et tu pries pour voir le tien pour aller au second mouroir. J'ai le cœur serré, j'en espère tant parce que j'ai l'impression d'avoir réussi. Je vois enfin mon nom en défilant la liste, je vérifie quatre fois parce que certaines personnes partagent mon nom de famille. Je pleure de joie, je félicite mes camarades qui ont également eu leurs écrits. Et là je me dis que le bordel commence, qu'il va falloir se battre mais j'ai un peu de mal à me remettre dedans.
Je révise tant bien que mal, j'arrive à avoir mes dates d'oraux après quelques semaines. Entre temps, j'ai passé les écrits du supplémentaire de Versailles en espérant m'offrir une seconde chance si jamais... J'essaie de ne pas y penser mais ne rien tenter c'est pire que tout

Les 3 et 6 Juin 2019, j'ai joué ma vie à Caluire puis à l'ESPE de Lyon. Je ressors de mon épreuve sur dossier un peu dépitée, ce dossier que j'ai tant préparé m'a quand même un peu coincée, j'en ai la sensation. Je sentais l'inspecteur et la conseillère péda parfois dubitatifs. Et quelle déception quand tu crois être préparé à tout, que ce dossier c'est littéralement un de tes bébés tellement tu l'as soigné, travaillé. J'avais l'impression de connaître Louis XIV comme mon propre père, sa vie comme si c'était la mienne, de pouvoir tout expliquer de mes choix pédagogiques... Et pourtant, les examinateurs étaient très exigeants, pointus et tatillons. Je repars déçue de me dire que ça va peut être planter tout mon travail. Rien que d'y penser, en écrivant cet article très long et dur pour moi mais si important, ça me rend triste
Le 6 Juin c'est la dernière épreuve, la pire pour moi parce qu'elle est pleine de surprise. L'EPS, c'est un peu mon démon à moi dans le concours, cette matière où il faut apprendre plein de choses aux enfants et connaître toutes les situations du monde pour qu'ils sachent jongler, plonger, faire de l'apnée, courir un marathon, une heure, faire un cross, un grand écart... Vous vous sentez submergé ? Imaginez nous, petits CRPEistes sans formation STAPS. 
Je me dis qu'au pire des cas, je miserai sur l'ASP, où l'on présente un dossier sur un thème de l'éducation comme par exemple la difficulté scolaire, la relation école-famille, et j'en passe. Je sais que j'ai des connaissances, j'ai déjà géré des élèves, mené des séances, appris beaucoup de choses en immersion. Je reçois mon sujet à 8h, je commence à rédiger. Je passe devant le jury à 11h je crois, dans ces eaux-là. Je suis assez satisfaite de mon travail bizarrement, je trouve ça cohérent, ça a l'air. en tout cas Je ressens l'inspecteur et la conseillère sensible à mon propos, intéressés même s'ils remettent certains points en perspective pour me pousser à changer parfois ma vision du débat. 
Je sors de cet oral marathon assez confiante, ce qui est étonnant parce que ce n'est pas du tout de moi de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. 

Les résultats arrivent trois semaines après. Mon nom n'apparaît pas. Je vois ceux de tous les gens qui l'ont passé avec moi, qui ont passé les oraux. Et là je me rends compte que je reste sur le carreau. Sur le coup je pleure surtout, puis après je ne comprends pas. J'attends quelques temps pour pouvoir accéder à mes résultats. Je vois des notes très correctes aux écrits, j'ai passé le seuil mais elles ne m'ont pas donné non plus énormément de points d'avance. 
Quand je découvre les notes des oraux, j'avouerai avoir été circonspecte, déçue. J'ai obtenu plus que la moyenne pour mon dossier d'histoire, étonnamment, et l'inverse pour mes oraux principaux, ceux qui rapportaient le plus de points. Clairement, ce sont ceux-ci qui m'ont coûté ma place
Après cette découverte, je reste vide, extrêmement vide
Je commence à me poser beaucoup de questions après ce nouvel échec. Pourquoi pas moi ? Pourquoi les autres ? Pourquoi tous les autres et pas moi ? Qu'est-ce que j'ai mal fait ? Est-ce que c'était mon attitude ? Est-ce que j'ai une posture qui n'a rien à voir avec celle d'une enseignante ? Ai-je été trop sûre de moi ? Condescendante ? 
J'avoue sans aucun mal avoir ressenti de la jalousie. C'était un sentiment facile, mais assez spontané aussi. Quand tout le monde a accès, non sans mérite bien sûr, à ce que tu voulais pour toi, tu te sens légèrement lésé. 

Je fais le bilan et me demande ce qu'il me reste. J'ai un diplôme. Oui. Parlons-en d'ailleurs. 
J'ai validé mon master avec du travail, bien que j'aurais pu en fournir plus, mais c'est moi et ça m'allait comme ça. Mon master, aujourd'hui, est un bout de papier avec lequel je peux m'éventer en pensant à un avenir meilleur. On nous a targué de pouvoir avoir des ouvertures professionnelles sans obtenir le concours, en master 1 puis en master 2. On nous a dit qu'on "nous tiendrait au courant". A l'heure actuelle, ça fait un deux ans et demi que j'ai mis le premier pied dans cette fac, et personne ne nous a proposé quelque solution que ce soit. En plus d'être déçue de moi-même, en position d'échec, je me retrouve comme un rond de flanc parce que la solution, le plan B n'existe pas. Je ne comprends pas cette obstination à vouloir nous mentir chaque année qui passe, à chaque promo, à vouloir nous prendre pour des cons. Mon échec m'appartient, mais ce mensonge c'est le leur. La moindre des choses quand on entame un discours, c'est de le terminer et de tenir ses engagements; Tout ce que je vois, c'est du vent et un master, un mémoire qui me servent à rien. Je n'en suis même pas fière à vrai dire, et je trouve ça extrêmement grave. 
Le master était intéressant parce qu'il m'a forcée à me tenir et à devenir rigoureuse en maths, à même comprendre des règles de grammaire qui m'étaient assez lointaines. J'ai énormément appris, et je suis heureuse d'avoir pu progresser en maths par exemple, de savoir que j'en étais capable. J'ai aussi pu obtenir une formation et avoir un suivi régulier des réformes par exemple, de rester baignée dans une ambiance très "Education Nationale". 
Du reste, je me rends compte que si il m'a été utile car j'ai besoin d'un appui, d'être informée régulièrement car je ne pense pas à le faire de mon côté, ce master ne mène à rien sans le Graal. Avec un autre master, je me dis que j'aurais pu avoir un vrai plan B en passant le CRPE en candidat libre. Il faut bien prendre la mesure du fait que ces deux années d'études sont professionnalisantes et ne mènent à rien sans le concours. 
Je ne suis pas de nature à regretter car ce qui est fait est fait, et j'essaie malgré tout de me conforter dans le fait que tout ça constitue mon lot d'expériences. Cependant, à l'heure actuelle, j'avouerai avoir encore du mal à digérer la pilule

Le concours est une expérience très néfaste, et pour l'instant c'est ce que j'en garde au fond de moi.Je sais que je n'aurais aucun mal à trouver des alliés dans la même situation que moi, des gens parfois même brisés à cause de ça. D'un concours de recrutement. C'est triste
Pour être tout-à-fait franche, ça m'a brisé psychologiquement. Je vis assez mal l'échec de manière générale, mais même en ressassant ça finit par passer. Aujourd'hui, ça ça n'est absolument pas passé et ça ne passera jamais. Je suis déçue, triste et en colère. Ce n'est pas des sentiments que j'exprime au quotidien mais dès que je pense à l'endroit où je devrais être plutôt que là où je suis, ça prend aux tripes. J'ai remarqué que j'ai beaucoup enfoui mes sentiments malgré moi, pour me protéger inconsciemment je pense. J'ai enterré ma tristesse et mon mal-être en me disant que ce n'était sûrement pas le moment, qu'il y avait une raison à tout ça, que j'allais pouvoir acquérir une première expérience professionnelle. Mais avec le recul, même si je suis en train d'apprendre un métier, j'aurais préféré que ça ne soit pas celui-là. Ça peut sembler être un caprice, mais c'est plus compliqué que ça
Au delà de ce mal être, je dois avouer que ce concours et ces études m'ont fait perdre beaucoup de choses. J'essaie aussi de voir ça positivement mais avec l'état d'esprit général c'est tendu. J'ai remarqué que le CRPE a changé les gens autour de moi. J'ai perdu une de mes très bonnes amies car je la voyais tellement obsédée par ça que ça devenait insoutenable. Il y avait aussi une pression constante de la concurrence, de devoir faire mieux, de me dire que je pouvais faire mieux, plus, plus en profondeur. A la fois il y avait je crois ce désir de s'accomplir au vu des efforts fournis, mais aussi de me voir réussir mais c'était devenu presque oppressant, comme une obsession. Et lorsque je faisais mieux, ça en devenait presque amer pour la personne en question. La relation amicale s'est transformée en une sorte de prison, d'amour-haine très malsain. Les bons moments ont succédé à ceux qui devenaient trop lourds. Les gens changent, bien sûr, mais on est pas obligés de rester. C'est à partir de là que j'ai compris que je pouvais dire stop. J'aurais dû faire les choses autrement, avant et mieux mais ça s'est passé comme ça le devait à l'époque je suppose. Ça m'a permis d'apprendre à réagir avant et de savoir ce que je voulais et ne voulais plus. 
J'ai aussi noué d'autres liens durant mon master, me suis fait une bonne amie, une très bonne amie même à qui je confiais tout; Ça me fait bizarre d'écrire tout ça parce que c'est douloureux. Je déteste perdre les gens même si je sais que je n'ai fait que respecter mes désirs et ce qui était bien pour moi. Tout allait très bien puis j'ai senti une forme de jugement émanant de plusieurs remarques sur absolument tout, mais surtout sur des trucs insignifiants. La discussion n'y faisait rien, on n'arrivait pas à se comprendre. Pour moi, en amitié, on peut discuter des choix des autres mais on n'a pas à intervenir n'importe quand n'importe comment si on a pas été sollicité. C'est un accord tacite. Être ami, cela ne signifie pas laisser la porte ouverte à tout et n'importe quoi. Je commençais à le vivre comme ça, à être mal à l'aise, moins impliquée. Le temps passant, la pression du concours revenant sans cesse, l'importance de celui-ci a étouffé notre amitié. Il s'est produit exactement la même chose que dans ma précédente amitié. Je n'entendais que concours à longueur de journée, ce désir d'excellence, de ne parler que de ça, d'être la meilleure dans tout, d'avoir réponse à toutes les questions dans tous les domaines. C'a été trop étouffant et clairement je ne voulais pas d'amitié où on me rabâchait tout ce que je savais déjà, où j'avais l'impression que la personne à côté voulait absolument être la meilleure. Bien sûr que l'on peut être fier de soi, mais de là à jouer le role model, c'était assez compliqué à gérer. J'ai tout envoyé boulé même si ça a été compliqué, j'ai enfin compris ce que c'était que de se respecter et de respecter l'autre, de terminer quelque chose en essayant de le faire correctement. 
Pourtant, même aujourd'hui, c'est un choix qui reste douloureux même si je sais à quel point il a été précieux et bénéfique,. C'était ce je devais faire. J'ai essayé de revenir bien plus tard, de voir si la situation avait évolué parce que ça me pesait beaucoup. Au final, je crois qu'on a évolué différemment, et que je n'étais plus la bienvenue puisque j'avais décidé de partir. C'est compréhensible, quand quelqu'un part, on est pas tenus de vouloir l'accueillir à nouveau, et surtout à bras ouverts. 

Je pense avoir balayé tous les aspects de ce que le CRPE a eu comme impact pour moi. Le bilan est très noir, mais c'est le mien. Allez voir chez le voisin et vous verrez peut-être des fleurs dans son jardin. Moi, je suis restée à la case départ, et j'espère que mon article pourra aussi servir à toutes celles et ceux qui ont ressenti ou ressentent tout ce que j'ai décrit. Je vous comprends, on est plein à se comprendre. Malgré tout ce que j'ai dit, je garde espoir que tout s'arrange un jour, la vie n'est pas finie. Il faut juste s'accrocher encore plus fort qu'avant, avec deux déceptions sur le dos, on avance plus difficilement, mais on peut encore avancer quand même. Je suis avec vous de tout cœur, je vous comprends. 
Je ne sais pas du tout dans le fond si cet article m'a fait du bien ou non. Peut-être qu'il va me permettre d'exorciser une partie de mes sentiments, et quels sentiments. J'attends avec impatience le jour où je pourrais définitivement être fière de moi, de ma réussite et de mon parcours. Lorsque ça arrivera, la réussite aura un goût tout autre que si j'avais tout obtenu du premier coup je suppose.


J'espère qu'on se retrouvera du côté de mon jardin fleuri un jour,
et entourez-vous bien,
Marion

Mes questions à...


Hello les amis!

J'ai une amie que je connais depuis maintenant trois ans je dirais. Une amie que je chéris beaucoup parce qu'elle a toujours été de bons conseils et parce que j'admire énormément son parcours tant professionnel que personnel. Nous nous sommes retrouvées courant du mois d'Août pour une série de photos à visée pro mais aussi personnelle. Cela faisait deux ans que je ne l'avais pas vue, et j'ai apprécié combiner ma passion à cet instant si précieux. Je partage avec vous aujourd'hui la série ainsi que l'habituelle petite interview qui vous intriguera je l'espère! 







Tu peux te présenter pour qu'on sache un peu qui tu es ?

Je suis Pauline Pancher, originaire de l'Est de la France. Après des études en communication et un voyage en Asie, j'ai décidé de créer mon entreprise pour développer mes activités autour du bien-être et du développement personnel. Ça c'est pour la partie "Ce que je fais". Concernant qui je suis, je pense être, au quotidien, une personne plutôt positive, confiante et de confiance, joyeuse, bienveillante, à l'écoute, attentive, courageuse, curieuse, dans la réflexion et l'action, équilibrée (ou tout du moins je tends à l'être le plus souvent possible :)). Je fais en sorte que mes pensées, paroles & actes soient en accord et aient un impact positif sur moi comme autour de moi le plus souvent possible (et tends à ce que ce soit tout le temps).











Question suivante: qu'est-ce qui te rend différente, ta petite particularité à toi ?


Je crois que, de base, nous sommes tous différents et uniques. A trop vouloir ressembler au moule, nous oublions notre singularité (ou plutôt nous n'apprenons pas à l'aimer et à l'accepter). Le simple fait d'être qui je suis, au fond, fait ma particularité.


Une autre, un peu vicieuse, mais donne-moi une qualité et un défaut que tu trouves évidents chez toi, parce qu'il faut apprendre à s'aimer mais aussi à être objectif ?


Tout d'abord : qu'est-ce qu'une qualité et un défaut si ce n'est un jugement que nous portons sur un trait de caractère, un comportement ? 
Si je mentionnais un point à améliorer, ce serait peut-être le fait de trop penser parfois ou d'être trop perfectionniste. Concernant un point fort, je pense au fait d'être positive et confiante, quoi qu'il arrive.  






Maintenant, dans un registre un peu plus joyeux, et avec beaucoup d'optimisme justement. Si tu gagnais une grosse somme à la loterie, tu voudrais en faire quoi ?

Rénover des lieux & régions du monde pour leur redonner vie, continuer à suivre des formations pour poursuivre le développement de mes activités, voyager tout en étant au contact des populations locales, en apprenant d'eux et en partageant avec eux ... Poursuivre ce que je fais, à savoir : agir pour un monde plus beau, respectueux, positif, responsable, confiant, joyeux, aimant et en paix.

Si on te propose de partir à l'autre bout du monde demain, est-ce que tu irais ? Tu voudrais aller où d'ailleurs?

Oui !! En ce moment, ce sont plutôt les îles qui m'attirent : La Réunion, Grèce, Corse, Nouvelle-Zélande, Bali, Polynésie Française...
Mais le Canada, la Suède, le Portugal, l'Italie m'appellent aussi :)







    Dans l'hypothèse d'une vie parfaite             Quelle est   l'invention 
    encore : ton job de rêve?                       que tu penses être la
                                                    plus utile ?
        Ce que je fais actuellement : développer mes                              
        activités autour du bien-être et du développement                        Joker.
        personnel, intervenir dans tous types d'organisations,                                
        auprès de tous les publics, en France & dans le monde.



              Fais nous part de ton talent caché, ça nous intéresse. 

                                Le chant. J'adore chanter ... Prochaine étape : chanter devant un public ! 


              Est-ce que t'as apprécié passer du temps avec moi? Si tu 
              dis non je te fouette !

                                Quelle question ! Bien sûr ! 





Ce que j'en pense? 
Comme je l'ai dit précédemment, je connais Pauline depuis quelques années. C'est une personne très inspirante. Elle m'a fait m'intéresser à divers sujets dans lesquels je ne berce pas habituellement (relaxation, yoga, énergies, alimentation). C'est une femme qui prodigue d'excellents conseils et qui sait parfaitement où elle va maintenant. C'est le genre de personnes dont vous avez réellement besoin dans votre vie, croyez-moi. 

Mes questions à....



Hello ma compagnie !

Aujourd'hui j'ai la grande chance de revenir dans cet article accompagnée d'une demoiselle particulièrement charmante sur tous les aspects. Comme à mon habitude, je l'ai repérée grâce à notre très cher groupe étudiants de Montpellier sans qui nos vies manqueraient d'un grain de folie. Elle m'a tout de suite interpellée car elle me fait énormément penser aux nanas de la période Brigitte Bardot, elle est assez naturelle avec une jolie bouche charnue typique de cette époque. Cela reste une interprétation personnelle mais c'est totalement pour cette raison que j'ai flashé sur son profil. 
A travers cette rencontre j'ai souhaité en apprendre autant sur elle qu'elle l'a voulu sur moi. Ce fut un moment exceptionnel à nouveau, empreint de rires, de gênes, et de petits tracas liés à la balade provoquée par ce shooting. Je vous laisse la découvrir au fil de mes questions qui deviennent peu à peu la marque de fabrique de mes sessions






Tu peux te présenter pour qu'on sache un peu qui tu es? 

Amélie, 20 ans (team bébé), arrivée sur Montpellier depuis peu, je suis réunionnaise Je prépare un BTS commercial en alternance. Je collectionne les tatouages, les bleus et les bourdes. 



Question suivante: qu'est-ce qui te rend différente, ta petite particularité à toi? 

J’essaie toujours d’avoir du recul sur les choses, et de travailler sur mes défauts, de rester calme.


Une autre, un peu vicieuse, mais donne moi une qualité et un défaut que tu trouves évidents chez toi, parce qu'il faut apprendre à s'aimer mais aussi à être objectif ? 

Une qualité : La générosité. 
Un défaut : Je prends tout trop à cœur.









Maintenant, dans un registre un peu plus joyeux, et avec beaucoup d'optimisme justement. Si tu gagnais une grosse somme à la loterie, tu voudrais en faire quoi?

J’achèterais une jolie maison à ma famille, avec un poulailler pour mon père et plein d’arbres pour ma mère. J’offrirais à ma sœur un pass pour la Japan Expo pour toute sa vie et forcément j’en garderais un peu pour moi, pour les folies.



Si on te propose de partir à l'autre bout du monde demain, est-ce que tu irais? Tu voudrais aller où d'ailleurs?

Eh bien non, ou en tout cas pas maintenant, j’estime avoir déjà eu la chance de beaucoup voyager dans ma vie, et j’aimerais privilégier la stabilité et le calme maintenant. Si je devais tout de même choisir une destination, j’aimerais visiter le Brésil.















Dans l'hypothèse d'une vie parfaite encore: ton job de rêve?

Petite, je voulais faire nez dans les parfums. Maintenant, j’aspire à être représentante d’une marque de cosmétiques dont je partagerai les valeurs.




Quelle est l'invention que tu penses être la plus utile ? 

L’avion, cette machine de plusieurs centaines de tonnes qui me permet de repartir sur mon île quand le manque de soleil, de famille et de piment se fait sentir.




















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Fais nous part de ton talent caché, ça nous intéresse. 

Je sais bouger mon nez comme ma sorcière bien aimée, 
les vrais auront la ref !

Est-ce que t'as apprécié passer du temps avec moi? Si tu dis non je te fouette. 

Ouep, surtout que t’as des bonnes idées parfois, comme regarder dans les plantes quand je perds mes lunettes !

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Ce que j'en pense?
Amélie m'a bien sûr tout de suite plu pour son allure. C'est principalement sur ce critère que
se base ma sélection initiale. Mais si j'ai choisi d'ouvrir cette catégorie d'articles c'est aussi pour
dépasser le physique. En rencontrant Amélie, j'ai découvert une fille intéressante, intéressée par
les autres mais aussi d'une nature assez calme et douce. Le contact s'est naturellement bien établi
entre elle et moi puisqu'elle est aussi tout particulièrement drôle je trouve.

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Une petite rétrospective s'impose après avoir achevé aujourd'hui ma vingt-et-unième année de vie sur cette Terre. Comme la plupart des gens, je n'ai pas une vie facile bien que je me rende compte à la fois de la chance que j'ai d'être entourée d'amour, de garder la santé et de pouvoir faire des études que j'ai choisies. J'ai l'impression de toujours dire qu'il m'arrive des problèmes et des situations incongrues mais c'est le cas et je ne mens pas.



Durant mes vingt-et-un ans, j'ai connu l'amour, un amour qui m'a submergée parce que c'était un sentiment que je ressentais d'une manière différente. je n'ai jamais été autant transie d'amour que cette fois-ci et j'ose espérer vivre quelque chose de différent mais de bien plus fort une prochaine fois. J'ai été heureuse, j'ai mangé, grossi, vécu une relation exceptionnelle. Mais malheureusement tout ce qui est rose et beau finit parfois en queue de boudin et clairement c'est ce qu'il s'est passé. Se faire larguer c'est très dur lorsqu'on aime quelqu'un plus que sa propre vie, qu'on donnerait tout. J'ai connu une phase terrifiante par la suite à partir de ce moment-là. J'ai perdu l'appétit et l'once d'optimisme qu'il me restait. J'ai voulu mourir et je ne compte plus ces fois là. Je sais que la toile n'est pas nécessairement l'endroit pour dire ces choses mais je n'ai pas peur. J'assume ce que j'ai vécu et ce que je vis et si des personnes me lisent j'ai envie de les aider. A mon niveau. Je sais que je ne suis pas la seule à vivre des relations ou des ruptures compliquées. Nous sommes des millions. Et vous n'êtes pas tous seuls. 
Suite à ce naufrage qui a fait basculer ma vie le temps d'un appel, je suis partie en dépression. Je n'arrivais pas à remonter la pente parce que je ne pensais qu'à pleurer tous les jours sans pouvoir me contrôler. Moi qui pleurais rarement avant ce fut un bouleversement, surtout que j'accepte très mal le fait de me laisser abattre. Généralement j'ai une phase mais elle est assez courte et finit par passer. Dans ce cas précis elle a duré assez longtemps et a été comme un énorme cercle vicieux puisque je détestais me voir échouer. On a souvent tendance à ne pas prendre au sérieux une personne qui a le coeur brisé mais ça peut être dévastateur et effectivement c'est seulement une fois qu'on le vit qu'on peut parfaitement - malheureusement - se rendre compte de la gravité de la situation. Je n'ai pas nécessairement eu le soutien escompté après ce drame qui a été le mien. Disons même que les réactions d'une partie de mon entourage m'ont poussée encore plus dans la dépression. Je me sentais privée d'aimer quand j'étais en couple et quand ça s'est terminé je m'en suis pris plein la gueule d'avoir choisi la personne que j'ai aimé. Enfin choisi, c'est un bien grand mot. Notre coeur choisit et nous on suit, peu importe notre raison. 
Même si mes proches ont essayé de m'accompagner comme ils pouvaient ils ne pouvaient rien faire de plus pour moi. J'étais au fond du seau et bien que j'avais l'envie de m'en sortir je peinais. Avant qu'il se passe cette rupture j'avais déjà entamé une thérapie avec une psy. Je ne savais pas mais j'avais probablement pris la meilleure décision de cette période puisque j'étais déjà accompagnée avant mon drame. J'ai eu la chance de ne pas avoir en plus de ça la responsabilité de devoir accepter que j'étais dans le mal psychologiquement. 
La dépression pour moi ç'a été l'impression d'être constamment incomprise, de moi-même parfois ne pas savoir ce que je voulais, comment faire et qui j'étais. La sensation que personne ne pouvait m'aider et que si je ne m'en sortais pas seule j'allais me laisser couler très loin. La dépression c'est avoir l'impression de porter un masque tous les jours que la Nature fait: à la fac, avec mes amis, en société. Et une fois chez moi c'est poser le masque et continuer à ruminer, à pleurer parfois et à se remettre mille fois en questions sans jamais arriver à comprendre. C'est aussi avoir l'impression d'être à chier, que tout ce qu'on fait est nul, qu'on ne va pas y arriver, que nos ambitions sont trop lointaines. La dépression c'est perdre confiance en soi, se trouver moche, grosse, bête et inutile. Mais pas devant les autres. Et si j'en parlais parfois brièvement, toujours cette sensation d'incompréhension, de "allez oublie ton ex ça sert en rien d'en parler c'est bon". Comme si ce n'était rien d'autre qu'un rhume dont j'allais jeter le mouchoir aux chiottes une fois fait. Mais non, on a beau s'en plaindre ponctuellement, c'est comme un monstre qui campe sous notre lit et qui sort pour nous envelopper de toutes ses pensées les plus mauvaises. Peu importe la cause de ce trouble. C'est prendre des cachets et que tout le monde s'inquiète à cause de la dépendance, alors que pour autant je connaissais ce risque et y faisais très attention. Sauf que sans ces cachets je pleurais jour et nuit et c'est comme si on me poignardait avec mille couteaux différents tellement j'avais mal. Sans le Xanax je n'aurais jamais pu dormir ou même penser sereinement un seul simple jour. Mais je me suis bottée le cul, après même pas une semaine pour me laisser le temps de souffler j'ai tout coupé et j'ai continué ma thérapie. J'ai continué à vivre et à me dire que je n'étais pas cette personne. Que j'étais celle qui était fière d'être sortie de tout ce qu'elle avait traversé. Que j'avais le droit malgré tout de pleurer et de me lamenter mais jamais trop longtemps pour ne pas retomber dans les travers du trouble dépressif. 
Ma psy m'a vu raconter toute ma vie, déballer ce que je ne disais pas forcément à mon entourage. Elle m'a tendue autant de mouchoirs que de séances. Même si la psychothérapie est un travail, donc payé, ces personnes restent des êtres humains touchés par les histoires des gens. Même s'ils se doivent d'être empathiques. Grâce à ma thérapie j'ai compris nombre de choses et j'ai appris à moins m'en vouloir, à relativiser et à devenir un peu plus légère sans que tout ne soit grave. Quand je n'ai plus su quoi raconter à ma spécialiste j'ai décidé de moi-même de suspendre ma thérapie pour qu'elle puisse aider quelqu'un d'autre. J'ai su à cet instant que je devrais me donner encore du temps mais que je n'aurais plus besoin de parler de moi. 
Les mois ont passé et depuis ma séparation je ne pouvais toujours pas aller vers les hommes. Non pas par répulsion mais j'en étais strictement incapable. Je pense que j'ai fait un blocage parce que je me suis sentie abandonnée une nouvelle fois et je me suis sentie très seule. Je ne voulais pas d'une personne qui allait remplacer mon ex parce que à quoi bon? Avoir un dupe et penser sans cesse au passé? Non merci. Les relations pansement, qui plus est, n'ont jamais été la solution au chagrin. Il n'y a que vous et vous seul qui pouvez vous faire avancer et cicatriser. Pas le pauvre gars qui débarque pour une vraie relation et va recevoir tout votre ressentiment, puis que vous allez jeter parce qu'il ne ressemble pas assez à votre passé. Le futur comprend un temps révolu, mais il convient de s'en servir pour construire du meilleur et aller vers l'avant. 
J'ai réussi après longtemps à accepter un rendez-vous et ne serait-ce que m'y rendre était déjà une victoire après ce que j'ai vécu, peu importe le feeling avec la personne en face. Si ça n'a rien donné, j'ai compris que je pouvais vraiment regarder le futur et avancer maintenant, que j'étais prête pour une nouvelle étape de ma vie. Je ne dis pas que tout se résout miraculeusement et qu'on ne pense plus jamais au mal dont on a souffert. Cela m'arrive encore quelques fois d'y penser, même parfois de ressentir du chagrin et de la douleur. 

Mais on en meurt pas. 

Re.



Voilà un moment que je ne savais trop sur quoi écrire, et que cela me frustrait beaucoup. Hier, en me promenant sur nos chers réseaux sociaux, j'ai été confrontée à quelque chose qui a éveillé ma curiosité et a beaucoup fait écho en moi. 

Depuis toujours, je suis une fille qui aime le contact social, discuter et découvrir d'autres gens. La sociabilité n'a jamais été un problème pour moi, hormis une grande timidité lors des débuts de mon adolescence qui a fini par passer au fil du temps. Assez classique chez les ados en somme, pas de quoi alarmer qui que ce soit. Me voilà désormais à la fac depuis plusieurs années déjà. J'habite depuis autant de temps "loin" de mes parents, en autonomie. Pour x et y raisons, j'ai eu de nombreux conflits avec eux, cela aussi reste profondément normal pour toute personne lambda. Cependant, j'ai toujours eu un problème récurrent qui m'a valu de causer beaucoup de tristesse chez mon entourage et d'incompréhension chez moi. Nombre de gens de mon âge, et surtout mes amies, sont proches de leurs parents voire de leur fratrie. Ils envoient des tas de messages chaque jour et parfois appellent tout autant. Ça n'a jamais été mon cas.
J'ai longtemps cru que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. A force de me faire taper sur les doigts parce que mon entourage pensait que j'étais presque morte, j'en ai fini par me poser des questions. J'ai fini par me dire que j'étais aussi bizarre qu'on pouvait le penser, simplement parce que je n'envoyais jamais de nouvelles ou que je ne me rencardais pas sur la situation de ma famille. Je suis passée pour une égocentrique, une égoïste finie, enfin bref le Monde semblait autour de mon petit nombril comme si j'étais moi-même l'incarnation de notre Planète. Pourtant, je n'ai jamais rien pensé de tel. Je crois profondément que chaque être est différent et qu'on est tous bons à quelque chose, à soi-même de trouver quoi. Je ne me suis jamais élevée sur quelque piédestal que ce soit, je n'ai jamais pensé avoir fait les meilleurs choix ni même être un quelconque modèle. J'ai juste suivi la voie que je pensais être la bonne pour moi jusqu'à aujourd'hui. Les personnes qui me connaissent vraiment savent que j'ai grand cœur et que je suis humble, même si je sais aussi reconnaître ce que je vaux. Humble ne veut pas dire taire la fierté que l'on peut avoir pour qui l'on est. Je suis fière de moi mais je ne vais pas le crier tous les quatre matins, et ça ne fait pas de moi quelqu'un de meilleur que le voisin pour autant.

Instagram: @jonathanbertin

J'ai toujours fonctionné comme décrit précédemment, non pas que la vie d'autrui ne m'intéresse pas et plus particulièrement la vie de ceux qui partagent mon sang. C'est tout le contraire, je les aime mais généralement je tais ce genre de choses parce que je suis pudique envers ma famille. L'expression de l'amour a toujours été une action difficile pour moi, pour des raisons qui me sont étrangères. A cette absence de verbalisation se rajoute celle des appels donc, dont je parlais plus en haut. Je sais que j'ai fait énormément de mal aux êtres qui me sont chers parce que je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas de ceux qui appellent tout le temps, qui vous harcèlent de messages et qui sont omniprésents dans vos vies. Je n'ai jamais réussi à l'être et je ne le serai probablement jamais. Dès lors que j'ai été en âge de réaliser que je n'étais pas comme ça, j'ai culpabilisé. Je me suis toujours sentie mal de ne pas appeler mes parents ou encore ma sœur qui habite dans un autre pays. Mais je ne suis pas comme ça. Non pas parce que je ne les aime pas, mais parce que ça n'est pas moi.



Et j'ai compris que je n'avais pas un problème, rien de grave, que je n'étais pas bizarre, que je n'avais pas besoin de consulter un psy ou de soigner un quelconque trouble inexistant. Je suis comme ça, et je le serai toujours parce que je suis introvertie. Rien à voir avec la timidité. J'ai juste besoin de mon espace, j'ai besoin d'être seule chez moi, de pouvoir me retrouver quand j'ai passé trop de temps avec les autres. J'ai du mal à céder mon espace à quelqu'un d'autre lorsqu'il doit rester plusieurs jours, lorsqu'on déplace mes choses ou qu'on ne fait pas comme moi chez moi cela me dérange. J'ai du mal à rester trop longtemps avec plusieurs personnes sans moments à moi parce que je me sens oppressée. Il n'y a rien qui me fasse plus plaisir que de rester des jours chez moi à ne rien faire, à regarder des séries ou bien encore à lire. Je ne devrais pas me sentir honteuse de ce que je suis ou de qui je suis. D'autant plus que je n'ai pas choisi d'être de la sorte et de ressentir ces choses-là. Mais je suis comme je suis et aujourd'hui je n'ai plus envie de me sentir coupable parce que j'ai besoin d'être seule, ou parce que j'ai une grande gueule. J'ai enfin compris que je n'étais pas le problème, d'aucune sorte que ce soit.
Cela m'a toujours plus blessée moi de me sentir coupable de qui je suis qu'à vous de vous sentir délaissés en accusant quelque chose que je ne peux pas contrôler. Lorsque vous reprochez quoi que ce soit à une personne, assurez-vous que cela ne fasse pas partie d'elle, de sa personnalité et de son fonctionnement. Vous la rendrez juste coupable d'être elle-même, et je crois qu'il n'y a pas pire sentiment.

Bisous
Marion    

A propos

Marion, 23 ans de questions, de conneries, je suis une encyclopédie de la bizarrerie parfois.
J'aime les lettres mais pas trop Balzac désolée, la photo et les gens (surtout quand ils savent se tenir). Je tiens ce blog pour partager avant tout ce qui se passe dans ma tête et mes quelques clichés.

Bonne visite sur ce joyeux bordel (oui je suis un peu grossière).

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