Le coeur lourd, la gorge serrée

C'est le cœur meurtri que j'ouvre Blogspot pour rédiger un billet.

Aujourd'hui et depuis deux jours j'ai mal. Je vais bien, il ne m'est rien arrivé mais j'ai mal à ma liberté, à mon innocence. Je ne savais et ne sais toujours pas à quoi va ressembler mon post. Il m'apparaissait important, sinon majeur, d'écrire pour ne pas oublier, écrire pour me libérer, écrire pour rendre hommage. Peut-être que cela paraîtra exagéré, peut-être qu'il n'en sera rien. Je pense que ce n'est pas le moment de juger à tort et à travers, ce n'est pas le moment d'aller chercher la petite bête. Aujourd'hui et plus que jamais il est vital de rester soudés. Nous avons tous des différends, tout le monde ne peut pas s'entendre et se supporter. Mais le respect nous apprend à mener une existence en communauté, à partager avec autrui, qu'il soit l'opposé de vous ou qu'il vous ressemble comme deux gouttes d'eau. La richesse de l'Homme réside dans sa différence.
En Janvier, je n'ai pas voulu écrire. En Janvier, j'étais Charlie, je l'étais pour signifier que je défendais la liberté d'expression et non pas pour défendre le quotidien. C'était une atteinte violente qui avait ses raisons. Je ne loue pas l'attaque, je la déplore. Mais elle avait ses raisons, bien que je suis persuadée que la violence ne résout rien évidemment. Les artistes continueront à dessiner, à prendre leurs crayons, leurs feutres et à tracer des lignes qui ne doivent pas inciter à la haine. L'art, quelle que soit la forme qu'il revêt, a vocation d'appeler à l'union et à l'amour. Il ne doit pas disparaître, il doit continuer de nous faire rêver, de nous permettre de nous évader, que ce soit sous la forme d'un tableau coloré ou encore de quelques mots étalés sur du papier bien calibré. 
Aujourd'hui, je suis encore Charlie, possédant un blog il m'apparaît évident de défendre la liberté d'expression. Mon combat serait le même si celui-ci n'avait jamais existé, mais j'ai fondamentalement besoin de m'exprimer. Personne ne me volera ça, je ne laisserai personne me prendre ce droit. J'aime beaucoup trop parler. Mais aujourd'hui, je ne suis pas Charlie, bien que je le reste dans mon cœur. 

Je suis Paris. 


Je suis Paris à feu dans son cœur et à sang dans ses rues. Je suis Paris qui a été témoin de l'horreur entre ses murs. Je suis Paris qui visionne au ralenti la nuit du Vendredi 13 en pleurant toutes les larmes de son corps. Je suis la France qui perd chaque jour un de ses membres dans ce décompte mortel. Je suis cette fille de 17 ans qui partait avec le sourire dans l'idée d'aller boire un coup en terrasse avec ses amis. Je suis cette fille qui ne reverra jamais ses parents ni le Monde qui l'entoure. Je suis ce couple venu assister à un concert payé avec de l'argent durement gagné. Je suis cette mère qui a perdu son enfant devant ses yeux. Je suis ce peuple qui a réussi à sortir de cette boucherie et qui sera marqué à vie de cet épisode douloureux. Je suis ces gens dont l’électrocardiogramme oscille lourdement à l'hôpital. Je suis cette personne qui a lancé un avis de recherche en priant pour qu'on retrouve l'être dont elle n'a plus de nouvelles depuis deux jours. Je suis cette femme en pleurs qui vient de serrer dans ses bras la personne qui lui manquait. Je suis ce peuple terrorisé courant à toutes jambes dans les artères de Paris. Je suis ces mille cinq-cent personnes tremblantes dans le Bataclan. 
La liste est longue, je pourrais la continuer à l'infini. Je ne veux pas heurter, rendre sensible. Je voulais exprimer ce que je ressentais vis-à-vis de ça et je devais envisager de quelle manière je pouvais le faire. Vendredi 13 a été un massacre, la superstition s'est avérée fondée cette année. Elle ne le sera plus jamais je l'espère, ni pendant aucun autre jour à l'avenir. J'ai mal pour ce peuple qui sortait le cœur léger et qui ne rentrera plus chez lui. Je n'ai jamais été autant ébranlé par ce qui s'est passé dans l'actualité, que ce soit en France ou encore à l'international. Bien sûr, certaines choses m'ont heurtée. Mais je reste sans voix depuis deux jours. Je passe de la colère à la tristesse sans arrêt, c'est un mélange bien étrange de sentiments. Je n'ai pas le droit de me plaindre car ça ne m'est pas arrivé à moi. Cependant, je me sens très proche des personnes à qui c'est arrivé. Je n'imagine -et n'ose le faire- l'horreur qu'elles ont enduré. C'est une douleur qui, malheureusement, leur appartient. Mais je partage cet effroi, je ne voulais pas y croire lorsque j'ai entendu le journal télévisé. Je ne réalise pas tellement, j'ai conscience que les attentats sont arrivés, mais je ne veux croire que ça soit réel. Je ne ferme pas les yeux mais je n'arrive pas à concevoir que de telles horreurs puissent arriver. 
Je n'arrive pas à concevoir que l'Homme puisse désirer condamner son prochain à la mort. Je n'arrive pas à concevoir que des personnes puissent planifier d'en sacrifier d'autres selon leur bon vouloir. Je n'arrive pas à concevoir le fait que les gens soient incapables de vivre en paix. Je n'arrive pas à concevoir qu'il puisse se passer de tels drames, que ce soit en France ou partout ailleurs. Oui, les attentats parisiens sont très médiatisés. Le pays est en deuil, il a perdu ses enfants. Oui, il y a bel et bien des conflits partout dans le Monde. Mais laissez-nous porter notre douleur et allez faire la guerre aux journalistes. Nous ne sommes pas responsables de ce que publient les médias, nous ne sommes pas responsables de ces larmes qui roulent le long de nos joues. 

Ce qui s'est passé en ce Vendredi 13 Novembre est affreux. Quelques personnes ont réussi à mettre tout un peuple à terre. Oui nous avons peur mais non nous ne céderons pas à la panique. Cette date restera dans les mémoires comme le 11 Septembre reste dans les esprits aux Etats-Unis. Je suis Eiffel dont les membres sont parcourus de tremblements. Je n'arrêterai pas de vivre, d'aller dans des cafés, d'aller danser à cause d'une peur paralysante. Si je pouvais, j'irais à Paris déposer des gerbes de fleurs là où il faut. 

Je suis Paris qui se relèvera toujours, qui fera tout son possible pour rester maîtresse d'elle-même. 
A cette partie du peuple qui n'est pas rentrée chez elle, qui n'a pas pu embrasser ses enfants, ses parents ce soir. A ces gens qui ont déployé leurs forces pour sauver autrui. 
Je pense à vous et je vous remercie.

Marion

Related Articles

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

A propos

Marion, 23 ans de questions, de conneries, je suis une encyclopédie de la bizarrerie parfois.
J'aime les lettres mais pas trop Balzac désolée, la photo et les gens (surtout quand ils savent se tenir). Je tiens ce blog pour partager avant tout ce qui se passe dans ma tête et mes quelques clichés.

Bonne visite sur ce joyeux bordel (oui je suis un peu grossière).

Rejoins-moi!

Tu peux me suivre sur: Facebook ; Instagram ; Portfoliobox (mon portfolio en ligne) .
Tous les textes proviennent de Marion Fournel sauf si indiqué. Fourni par Blogger.